XI

J'écris sur les pierres
Invisibles
Du Rêve
Je partage l'élan acéré
Sacré
Des replis du vent
Et même
Si je frotte mon cuir
Dans l'encadrement des fenêtres
Je ne séduis
Que les restes de l'amour
Vivants
Je me nourris aux chutes
Des reins des femmes
Car
L'heure n'est plus au leurre

Je me berce
Aux poussières
Scintillantes
De vos doutes
Afin d'exister.
Je suis un Cri strident
Enseveli sous la lave
Je suis ta main striant
L'espace de
Nos vingt ans


Je suis un reste des Hommes






J'imagine sans lassitude Patrick Chamoiseau me dessiner son île


XI

# Posté le samedi 20 août 2005 02:09

Modifié le vendredi 01 juin 2007 19:21

XI bis













J'ai intercalé
Les fruits sanglants
De ma jeunesse
Les balbutiements sans honte
Des longs moments saturés de virilité où nous refaisions le monde
Il est temps
D'interpréter le silence
De rapiécer la
Pâle silhouette
À venir
Trace érodée
De ma vivifiante beauté
Tracée moite et rugueuse
Du passage
De l'homme
Mélancolie
Du frottement au cuir
Des revenants
J'ai voulu
Dans un revers de lucidité
Apprendre
La constitution des corps
La révélation
Lente des rivages
Comme dans une rare prise de conscience......................................................
J'écris
J'écris
J'écris
J'écris
J'écris
J'écris
J'écris
...J'écris..........................................


Bob Marley passe ce soir au palais des Congrès ...
Je regarde sans lassitude Ernest Pignon Ernest peindre la Bourse du Travail à Echirolles




XI bis

# Posté le samedi 20 août 2005 02:10

Modifié le samedi 20 août 2005 12:44

XII


Adossé mêlé
Aux rides limpides de cette terre
J'apprends sans impatience
Les limites de la peau
Phobie humble et moite de possession
Je revendique
Cette altération de l'esprit
Comme le regard voilé
Des femmes
Où mon corps
Se dissout dans
Les fonds blancs
De l'inacceptable
Je suis un indigène
A la peau couleur de sable
Aux cheveux de fougères
Et dont les rêves les plus secrets
Sont de couvrir cette terre
De son empreinte
De chair et de sang
Métissage primitif
Archaïsme éloquent
De s'être senti naître
Un jour
Du revers de mains
Des humains




Je regarde sans lassitude Raphaël Monticelli jouer au flipper
XII

# Posté le samedi 20 août 2005 02:12

Modifié le mercredi 14 septembre 2005 16:37

XIII

Le risque est indissociable de la vie
Dans son attente étoffée
Du silence
Les mots ont une présence
Futile
Se regarder et se toucher
S'écrivent
Aux « mille caresses »
Du passé
Une carte postale
En créole
Comme le pointillé
D'une histoire
Qui ne s'écrit pas
Mais qui se partage
C'est rond
Comme un regard
Et comme le ventre des femmes
C'est........
C'est terrible
De se reconnaître
Dans l'ailleurs.
Et pourtant
C'est là
Que ma parole
Se dé(p)lie...







Je regarde sans lassitude guillaume Poupard peindre avec moi
XIII

# Posté le samedi 20 août 2005 02:13

Modifié le vendredi 01 juin 2007 19:21

XIV

Je me réveille
Dans le regard de l'océan
Le soleil
Noir
Recouvre discrètement ma peine
Je suis comme un enfant qu'on sépare de sa mère, de son père
Fier et malheureux
(Je me demande encore si cette sensation de régression est un véritable plaisir et je mesure ce qu'il y a d'anachronique et de surréaliste à me sentir aussi infantile dans une apparente apparence d'adulte mûr...ce cri d'enfant qui déchire mon incertitude de ne plus en être Un...Image déformée d'une histoire qui ne s'écrit donc plus...Comme une métaphore de l'angoisse ...)
Sentiment banal et désuet
D'isolement et d'incomplétude
Je suis cette respiration
Captive
Que je ne maîtrise plus
Je suis cette incandescence
Des journées sans fins
Où seul le regard de ma nanni
Sait me rassurer
Mes pas sur les sables du Carbet
Ne dissipent pas
Le malentendu
Je mesure
A chaque absence de saison
L'immensité
De
Ma
Réelle
Humanité
L'infinité
De mon
Infime
Humilité

Je rêve encore
D'être plus à l'autre
Ce que je suis à moi-même.

# Posté le samedi 20 août 2005 02:14

Modifié le dimanche 21 août 2005 17:22