Mais où en suis-je de moi-même ?
A quelle époque ?
Quels paysages ?
J'erre en moi...
Intérieur sans confort,
Chambre de bévues,
Pays d'immobile et de sables mouvants...
Ma tribu de solitude.
Nomade et autochtone,
J'apprends l'idiome des marées.
Ce flux et reflux du frisson
Qui rassemble
Et éparpille.
Et tremble l'émoi...
Fragile moineau du nu hivernal
Battement de cils,
Et clignement d'ailes.
Mouvement migratoire dans nos souterrains
De papier.
Exil sans port
Où l'on craint, à chaque virgule,
De rencontrer la mort,
Ou le silence d'ataraxie.
L'instant déposé sur les lèvres d'un ange,
Une pluie d'automne,
La salive océane des chevaux de mer
Les laminaires de
L'heure bleue appareillés dans l'aube rouge.
J'ai déposé un enfant dans tes yeux...
Un être d'aube et d'écho,
Au hiatus, un rai de lumière.
Dans les maternités des regards,
J'ai engendré le sacrifice
Fleur sensuelle des miroirs.
J'étais pleine
Du silence d'antan
Rumeur sourde et sucrée,
Des souvenirs asphyxiés.
Et danse l'émoi...
Avec ma mémoire utérine,
Celle-là qui m'a vue naître,
Mon ethnie féminine.
Dans la sécheresse des heures sibériennes
Quand le vent balance les corps d'oiseaux
Fragiles de l'hiver.
Quand les moulins de l'esprit camisolent
La respiration des mers
L'émoi me diagnostique d'une folie singulière.
Et essentielle.
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